English [en]   български [bg]   español [es]   français [fr]   Nederlands [nl]   polski [pl]   română [ro]  

L'original de cette page est en anglais.

Le curieux non-événement de Sun dans la pénombre

Nous laissons cette page en place à des fins historiques, mais en décembre 2006, Sun est en train de republier sa plateforme Java sous licence GNU GPL. Quand ce changement de licence sera terminé, la plateforme Java de Sun sera un logiciel libre.

par Richard M. Stallman
24 mai 2006

Notre communauté a bourdonné de la rumeur que Sun avait rendu libre (ou « open source ») sa mise en œuvre de Java. Des leaders de la communauté ont même publiquement remercié Sun pour sa contribution. Que représente la nouvelle contribution de Sun pour la communauté du logiciel libre et open source ?

Rien. Absolument rien – et c'est ce qui rend si curieuse la réponse à ce non-événement.

L'implémentation Java de Sun demeure privatrice,1 tout comme elle l'était auparavant. Elle ne s'approche pas des critères du logiciel libre, ni même des critères similaires mais légèrement plus permissifs du logiciel open source. Son code est uniquement disponible avec accord de non-divulgation.

Qu'a donc fait Sun, en fin de compte ? Il a permis une redistribution plus pratique des binaires de sa plateforme Java. Avec ce changement, les distributions GNU/Linux peuvent inclure la plateforme Java non libre de Sun, tout comme certaines fournissent actuellement le pilote non libre de nVidia. Mais elles ne le font qu'au prix d'être non libres.

La licence de Sun comporte une restriction qui peut ironiquement réduire la tendance des utilisateurs à accepter des logiciels non libres sans y réfléchir à deux fois : elle insiste pour que le distributeur du système d'exploitation obtienne de l'utilisateur qu'il accepte explicitement la licence, avant de le laisser installer le code. Cela signifie que le système ne peut pas installer silencieusement la plateforme Java de Sun sans avertir les utilisateurs qu'ils ont un logiciel non libre, comme certains systèmes GNU/Linux le font avec le pilote nVidia.

Si vous regardez de près l'annonce de Sun, vous verrez qu'elle décrit exactement cela. Elle ne dit pas que la plateforme Java de Sun est un logiciel libre, ni même open source. Elle prévoit seulement que la plateforme sera « largement disponible » sur les « plateformes open source majeures », c'est-à-dire disponible en tant que logiciel privateur sous des termes qui nient votre liberté.

Pourquoi ce non-événement a-t-il généré une réaction si importante et si confuse ? Peut-être parce que les gens n'ont pas lu avec attention cette annonce. Depuis que le terme « open source » a été inventé, nous avons vu des sociétés trouver le moyen de l'utiliser avec le nom de leur produit dans la même phrase (elles ne semblent pas faire de même avec le terme « logiciel libre », bien qu'elles puissent le faire si elles le désirent). Le lecteur distrait peut remarquer la proximité des deux termes et supposer à tort que l'un qualifie l'autre.

Certaines personnes croient que ce non-événement représente la démarche exploratoire de Sun vers une éventuelle publication de sa plateforme Java comme logiciel libre. Espérons que Sun le fasse un jour. Nous accueillerons favorablement cette démarche, mais nous réservons notre jugement jusqu'au jour où cela sera effectivement le cas. Dans l'intervalle, le piège Java continue à guetter le travail des développeurs qui ne prennent pas de précautions pour l'éviter.

Dans le projet GNU, nous continuons à développer le compilateur GNU pour Java et GNU Classpath ; nous avons fait de gros progrès l'an passé et par conséquent notre plateforme libre Java est incluse dans de nombreuses distributions majeures GNU/Linux. Si vous voulez exécuter Java et avoir la liberté, merci de nous rejoindre pour apporter votre aide.


Note de traduction
  1. Autre traduction de proprietary : propriétaire. 

[logo de la FSF]« Notre mission est de préserver, protéger et promouvoir la liberté d'utiliser, étudier, copier, modifier et redistribuer les programmes informatiques, et de défendre les droits des utilisateurs de logiciel libre. »

La Fondation pour le logiciel libre (FSF) est le principal sponsor institutionnel du système d'exploitation GNU. Soutenez GNU et la FSF en achetant des manuels et autres, en adhérant à la FSF en tant que membre associé, ou en faisant un don, soit directement à la FSF, soit via Flattr.

Haut de la page