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Rencontrez les personnes qui contribuent à améliorer GNU, au GNU Hackers' Meeting !

Le 8ème GNU Hackers' Meeting aura lieu à Munich, en Allemagne, du 15 au 17 août 2014. Pendant ces trois jours, il y aura des conférences sur les nouveaux programmes GNU, l'état du système GNU et les dernières nouvelles de la communauté du logiciel libre.

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L'original de cette page est en anglais.

De l'importance du format audio

Où l'on invite les créateurs de fichiers audio à utiliser OggVorbis autant que MP3

par Karl Fogel

Des informations supplémentaires [en] sur Xiph.org (l'organisation qui a créé Ogg Vorbis) et sur l'importance des formats de distribution libres sont disponibles.

La Fondation pour le logiciel libre a également produit un tutoriel simple pour installer le support d'Ogg Vorbis sur Microsoft Windows et Apple Mac OS X [en].

Si vous produisez de l'audio pour le grand public, vous passez probablement 99,9% de votre temps à penser à la forme, au contenu et à la qualité de votre production, et 0,1% au format audio que vous utiliserez pour distribuer vos enregistrements.

Et dans un monde idéal, ce serait parfait. Les formats audio seraient comparables aux conventions de présentation d'un livre ou aux règles d'écriture de la musique : des standards de mise en forme du sens, disponibles pour quiconque voudrait s'en servir, exempts de restrictions. Vous n'auriez pas à vous soucier des conséquences de la distribution de votre production au format MP3, pas plus que de celles de mettre un numéro de page en haut d'une page, ou de commencer un livre par une table des matières.

Malheureusement, ce n'est pas le monde dans lequel nous vivons. MP3 est un format breveté, ce qui signifie que diverses entreprises possèdent des monopoles octroyés par l'État sur certains aspects du standard MP3. Chaque fois que quelqu'un crée ou écoute un fichier MP3, même avec un logiciel qui n'a pas été écrit par l'une de ces entreprises, elles ont le droit de décider si elles permettent, ou non, cette utilisation de MP3. Le plus souvent, elles demandent de l'argent, bien entendu. Mais elles peuvent décider tout autre chose, vous interdire complètement d'utiliser MP3 si elles le veulent. Si vous avez utilisé des fichiers MP3 et que vous ne saviez pas cela, alors soit a) quelqu'un d'autre, en général un éditeur de logiciels, a payé des redevances pour vous, soit b) vous avez sans le savoir violé des brevets, et en théorie vous pourriez être poursuivi pour ce motif.

Le problème posé ici va bien au-delà du simple risque que cette situation représente pour vous. Un brevet logiciel accorde à une partie le droit exclusif d'utiliser un certain algorithme. Ce droit peut alors être acheté et vendu, et vous ne pouvez pas prévoir ce qu'un nouveau propriétaire pourrait en faire. Les brevets sur MP3 ont fait l'objet de plusieurs procès, avec des dommages et intérêts s'élevant à plus d'un milliard de dollars.

Le sujet le plus important ici n'est pas les redevances, c'est la liberté de communiquer et de développer des outils de communication. Les formats de distribution comme MP3 sont des standards pour l'échange d'informations sur internet. Imaginez un moment que quelqu'un possède un brevet sur la vibration modulée des molécules de l'air ; vous auriez besoin d'une licence pour tenir une conversation ou jouer de la guitare en public. Heureusement, notre gouvernement considère depuis longtemps que les méthodes anciennes et familières de communication, comme la mise en vibration des molécules de l'air, ou l'écriture de symboles sur un bout de papier, ne sont pas brevetables : Personne ne peut en être propriétaire, chacun est libre de les utiliser. Mais tant que cette même liberté n'est pas étendue à de nouvelles méthodes, moins familières (comme le sont les standards de numérisation des sons), nous, qui produisons des travaux audio, devons faire attention au format que nous utilisons et que nous obligeons nos auditeurs à employer.

Une autre voie : le format Ogg Vorbis

Ogg Vorbis est une alternative à MP3. Il donne des sons de haute qualité, il peut les compresser à une taille plus réduite que MP3 tout en conservant une bonne qualité d'écoute (vous épargnant ainsi du temps et des coûts en bande passante) et, ce qui est encore mieux, il est conçu pour être complètement exempt de brevets.

Vous ne sacrifierez aucune qualité technique en codant vos fichiers audio en Ogg Vorbis. Leur qualité sonore sera bonne et la plupart des lecteurs sauront les lire. Mais vous augmenterez le nombre total de gens qui pourront lire vos pistes, et dans le même temps, vous contribuerez au développement de standards exempts de brevets pour les formats de distribution.

La page d'accueil d'Ogg Vorbis, www.vorbis.com [en] contient toutes les informations dont vous avez besoin, tant pour écouter que pour produire des fichiers codés avec Vorbis. La chose la plus sûre, pour vous et vos auditeurs, serait de proposer exclusivement des fichiers Ogg Vorbis. Mais puisqu'il y a encore des lecteurs qui ne peuvent gérer que MP3 et que vous ne voulez pas perdre vos auditeurs, un premier pas consiste à leur proposer les deux formats, tout en leur expliquant précisément (peut-être en faisant un lien vers cette page) pourquoi vous soutenez Ogg Vorbis.

Et avec Ogg Vorbis, vous gagnerez même un peu d'audience. Voici comment :

Jusqu'à maintenant, les propriétaires de brevets sur le format MP3 ont été assez intelligents pour ne pas harceler les utilisateurs individuels avec des demandes de paiement. Ils savent que cela stimulerait une prise de conscience des brevets, et donc une opposition. Au lieu de cela, ils s'en prennent aux développeurs de produits qui mettent en œuvre ce format. Les victimes de ces extorsions se résignent et paient, considérant cela comme un coût supplémentaire et nécessaire, qui est alors répercuté de manière invisible sur les utilisateurs. Cependant, tout le monde n'est pas en mesure de payer : certains de vos auditeurs utilisent des logiciels libres pour lire les fichiers audio. Puisque ces logiciels sont copiés et téléchargés librement, il n'y aucun moyen pratique pour les auteurs ou les utilisateurs de payer une redevance pour un brevet, c'est-à-dire, dans notre cas, pour le droit d'utiliser les méthodes mathématiques sur lesquelles se base le format MP3. En conséquence, ces programmes ne peuvent pas implémenter MP3 légalement, quoique les pistes que les utilisateurs veulent écouter puissent elles-mêmes être parfaitement libres ! Du fait de cette situation, certains distributeurs du système d'exploitation GNU/Linux, qui compte des millions d'utilisateurs à travers le monde, n'ont pas été en mesure d'inclure un lecteur MP3 dans leurs distributions de logiciels.

Heureusement, vous n'avez pas à exiger de ces utilisateurs qu'ils se lancent dans la désobéissance civile chaque fois qu'ils veulent écouter votre œuvre. En proposant le format Ogg Vorbis, vous vous assurez qu'aucun de vos auditeurs n'est obligé de recourir à un format de distribution breveté et que vos travaux audio ne seront jamais entravés par des clauses de licence imprévues. Par la suite, l'acceptation croissante d'Ogg Vorbis comme un standard, couplée au comportement de plus en plus imprévisible de certains détenteurs de brevets sur MP3, pourrait rendre peu pratique de proposer des fichiers MP3. Mais avant même que ce jour n'arrive, Ogg Vorbis reste le seul format audio portable et exempt de redevance sur Internet, et il vaut la peine de faire un petit effort supplémentaire pour le gérer.

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