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FLASH : Mettre en échec la HADIENDA

Les hackers GNU ont ouvert le GHM en révélant l'opération HACIENDA, un programme mondial de surveillance visant à la domination complète de la planète, et la manière de la mettre en échec à l'aide de services TCP furtifs ! Regardez !

L'original de cette page est en anglais.

Encyclopédie universelle et ressources pédagogiques libres

Annonce du projet

par Richard Stallman

Le World Wide Web a le potentiel de se transformer en une encyclopédie universelle couvrant tous les domaines de la connaissance, et en une bibliothèque complète de manuels d'enseignement. Cela pourrait se produire sans effort spécial, si personne n'interfère. Mais les grandes entreprises sont en train de se mobiliser pour faire prendre au futur un chemin différent – un chemin dans lequel elles contrôleront et restreindront l'accès aux ressources pédagogiques, de manière à soutirer le plus d'argent possible aux gens qui veulent s'instruire.

Pour garantir que le web devienne une encyclopédie libre, ce qui serait sa destinée la plus favorable et la plus naturelle, nous devons faire un effort conscient pour éviter la séquestration délibérée de l'information encyclopédique et pédagogique publiée sur le net. Nous ne pouvons pas empêcher que l'industrie impose des restrictions sur l'information qu'elle rend disponible ; ce que nous pouvons faire, c'est de proposer une alternative. Nous avons besoin de lancer un mouvement pour développer une encyclopédie universelle libre, très similaire au mouvement du logiciel libre qui nous a donné le système d'exploitation libre GNU/Linux. L'encyclopédie libre sera une alternative aux encyclopédies bardées de restrictions qu'écrira l'industrie des médias.

Le reste de cet article a pour but de définir de ce que l'encyclopédie libre devra faire, quelles sortes de libertés elle aura besoin de donner au public, et comment nous pouvons initier son développement.

Une encyclopédie délocalisée.

Les encyclopédies du passé étaient écrites sous la direction d'une organisation unique qui prenait toutes les décisions sur leur contenu, et elles étaient publiées de manière centralisée. Cela n'aurait aucun sens de développer et de publier une encyclopédie libre de cette façon – cela ne conviendrait pas à la nature du World Wide Web ni aux ressources disponibles pour écrire l'encyclopédie.

L'encyclopédie libre ne sera pas publiée en un endroit défini. Elle sera constituée de toutes les pages web qui couvriront les sujets appropriés et auront été rendues disponibles de manière appropriée. Ces pages seront élaborées de manière décentralisée par des milliers de contributeurs, dont chacun écrira ses articles indépendemment et les postera sur divers serveurs web. Il n'y aura pas d'organisation unique pour superviser l'ensemble parce que ce serait incompatible avec un progrès décentralisé.

Qui écrira l'encyclopédie ?

En principe, tout un chacun est invité à écrire des articles pour l'encyclopédie. Mais lorsque nous demanderons de l'aide, l'endroit le plus prometteur pour le faire sera le milieu des professeurs et des étudiants. Les professeurs aiment généralement enseigner, et d'écrire un article par an pour l'encyclopédie les changerait agréablement de leurs classes. Quant aux étudiants, un exposé important écrit pour un cours pourrait devenir un article d'encyclopédie, s'il était particulièrement bon.

Le travail se fera petit à petit.

Quand un projet est passionnant, il est facile d'imaginer la grande contribution qu'on voudrait lui apporter, d'avoir les yeux plus gros que le ventre, et en fin de compte d'abandonner sans avoir rien accompli.

Aussi est-il important d'accueillir et d'encourager les plus petites contributions. Écrire un manuel scolaire couvrant tout un semestre est une tâche énorme, et seule une infime proportion des professeurs fera une contribution de cette importance. Mais écrire sur un sujet assez restreint pour un cours d'une heure est une contribution à la portée de beaucoup d'entre eux. Avec un nombre suffisant de ces petites contributions, on couvrira toute l'étendue de la connaissance.

Ayons une vision à long terme.

L'encyclopédie est un gros travail qui ne se fera pas en un an. S'il faut vingt ans pour terminer l'encyclopédie libre, ce ne sera qu'un instant dans l'histoire de la littérature et de la civilisation.

Dans des projets comme celui-ci, le progrès est lent au cours des premières années ; puis il s'accélère quand le travail qui a déjà été accompli attire de plus en plus de gens qui viennent s'y joindre, et enfin les progrès se précipitent en avalanche. Donc nous ne devrons pas nous décourager quand après quelques années nous serons encore loin d'avoir achevé le travail. Il sera judicieux de choisir des premières étapes qui illustrent ce qui peut être fait, puis d'intéresser un large public au but à long terme pour donner à d'autres l'idée de se joindre au projet.

Cela signifie que la tâche des pionniers, dans les premières années, est surtout d'être persévérants. Nous devons nous garder de nous rabattre sur un objectif moins utile, moins idéaliste, pour la simple raison que la tâche est immense. Au lieu d'évaluer nos premières étapes à l'échelle de l'ensemble de la tâche, il faudra y penser comme à des exemples, et avoir confiance dans leur aptitude à inciter un nombre croissant de contributeurs à nous rejoindre pour terminer le travail.

Faisons du prosélytisme.

Puisque nous espérons que les professeurs et étudiants de nombreux lycées et universités à travers le monde contribueront à écrire l'encyclopédie libre, n'abandonnons pas cela au hasard. Il y a déjà des exemples épars de ce qui peut se faire. Présentons ces exemples systématiquement à la communauté des enseignants, expliquons l'idée d'encyclopédie libre, et invitons les autres à nous rejoindre pour l'écrire.

Que devra contenir l'encyclopédie libre ?

L'encyclopédie libre doit avoir pour ambition de comporter, à terme, un article ou plus sur tout sujet qu'on s'attendrait à trouver dans une autre encyclopédie. De plus, puisqu'il n'y a pas de limite pratique à la quantité d'information encyclopédique qui peut se trouver sur le web, l'encyclopédie devra aussi couvrir les sujets plus complexes et spécialisés qu'on s'attendrait à trouver dans des encyclopédies spécialisées comme celles de physique, de médecine, de jardinage ou de cuisine. On peut même aller plus loin ; par exemple, les observateurs d'oiseaux pourraient y mettre un article sur chaque espèce d'oiseau, avec des photos et des enregistrements de son chant.

Toutefois, seuls certains types d'information ont vocation à faire partie d'une encyclopédie. Par exemple, les articles de recherche, les bases de données statistiques détaillées, les articles de presse, les romans et l'art, les bibliographies exhaustives, et les catalogues commerciaux, bien qu'ayant leur utilité, sont hors du champ encyclopédique (quelques-uns des articles pourraient utilement comporter des liens vers ces travaux).

Les « cours » constituant les ressources pédagogiques sont une généralisation à l'hypertexte des manuels destinés à l'enseignement (scolaire ou autodidacte) d'une matière. Il faut qu'à terme les ressources pédagogiques proposent des cours dans toutes les matières scolaires et universitaires allant des mathématiques à l'histoire de l'art, aussi bien que sur des sujets pratiques comme le jardinage, dans la mesure où cela se justifie (certains sujets pratiques comme le massage ou la musique d'ensemble pourraient être impossibles à étudier dans un « livre » sans l'aide d'un professeur humain – il n'est vraisemblablement pas très utile de les inclure). Les ressources pédagogiques devront couvrir ces matières à tous les niveaux pertinents, ce qui dans certains cas peut aller du cours préparatoire au troisième cycle universitaire.

Un article encyclopédique utile traitera un point spécifique à un niveau particulier, et la contribution de chaque auteur se focalisera essentiellement sur un domaine qu'il ou elle connaît très bien. Mais ce faisant, nous devrons garder à l'esprit notre vision d'une encyclopédie libre qui soit de portée universelle – pour être en mesure de rejeter fermement tout essai de poser des limites artificielles, que ce soit à la portée ou au statut libre de l'encyclopédie.

Quels critères les pages doivent-elles respecter ?

Pour garantir que cette encyclopédie sera effectivement libre et universelle, nous devons établir des critères de liberté que les articles encyclopédiques et les cours devront respecter.

Des encyclopédies conventionnelles non libres publiées par des éditeurs comme Microsoft seront certainement disponibles sur le web un jour ou l'autre – mais on devra probablement payer pour lire un article, et on n'aura sûrement pas la permission de le redistribuer. Si cela nous satisfait de voir la connaissance traitée comme une marchandise, accessible uniquement par le biais d'une bureaucratie informatisée, nous n'avons qu'à laisser les entreprises la distribuer.

Mais si nous voulons garder le savoir humain ouvert et librement disponible pour l'humanité, nous devons faire le travail nécessaire pour qu'il le soit. Il nous faut écrire une encyclopédie libre – donc nous devons d'abord déterminer l'interprétation correcte de « libre » en ce qui concerne une encyclopédie sur Internet. Nous devons décider quels sont les critères définissant une encyclopédie libre et des ressources pédagogiques libres.

Autoriser l'accès universel.

L'encyclopédie libre doit être ouverte en accès public à quiconque peut avoir accès au web. Ceux qui cherchent à prendre le contrôle de la documentation pédagogique, pour en tirer profit en restreignant son accès, nous pousseront à « faire des compromis », à accepter d'en restreindre l'accès en échange de leur participation. Nous devons rester fermes et rejeter toute transaction qui serait incompatible avec notre but ultime. Nous ne sommes pas pressés ; cela n'a aucun sens d'arriver au mauvais endroit quelques années plus tôt.

Autoriser les sites miroirs.

Quand l'information n'est disponible que sur un seul site web, sa disponibilité est précaire. Un problème local – le plantage d'un ordinateur, un tremblement de terre ou une inondation, une restriction budgétaire, le changement de politique de l'administration d'une école – pourrait en couper l'accès à tous et pour toujours. Pour nous prémunir contre la perte de matériel encyclopédique, nous devons faire en sorte que chaque fragment de l'encyclopédie soit disponible sur de nombreux sites Internet, et que de nouvelles copies puissent être mises en ligne si certaines disparaissent.

Pour obtenir ce résultat, il n'est pas nécessaire de mettre en place une organisation ou une bureaucratie car les utilisateurs d'Internet aiment bien construire des « sites miroirs » qui contiennent des copies des pages web intéressantes. Ce que nous devons faire à l'avance, c'est de garantir que c'est légal.

Par conséquent, chaque article de l'encyclopédie et chaque cours doit donner explicitement à tout un chacun l'autorisation irrévocable d'en rendre disponibles des copies à l'identique [verbatim] sur des sites miroirs. Cette autorisation doit être posée comme l'un des principes fondamentaux de l'encyclopédie libre.

Un jour, il pourrait y avoir des actions systématiques garantissant que chaque article et chaque cours est répliqué plusieurs fois – peut-être une fois au moins par continent habité. Ce serait une extension naturelle de la mission d'archivage que remplissent aujourd'hui les bibliothèques. Mais il serait prématuré de faire des plans formels pour cela dès maintenant. Il suffit pour l'instant de s'assurer que les gens auront la permission de mettre en place des miroirs quand ils en trouveront l'occasion.

Autoriser la traduction en d'autres langues.

Les gens auront l'usage de ressources encyclopédiques concernant chaque sujet, dans chaque langue humaine. Mais la langue principale d'Internet – comme du monde des sciences et du commerce, de nos jours – est l'anglais. Il est très probable que l'anglais prédominera sur les autres langues dans les contributions à l'encyclopédie, et que c'est d'abord en anglais que l'encyclopédie approchera de l'exhaustivité.

Essayer de contrecarrer cette tendance serait contre-productif. Le moyen le plus simple de rendre l'encyclopédie disponible dans toutes les langues est d'encourager la traduction par une personne de ce qu'a écrit une autre personne. De cette façon, chaque article peut être traduit en de nombreuses langues.

Mais si cela nécessite une permission explicite, ce sera trop difficile. Par conséquent, il faut que nous adoptions une règle de base disant que chacun a la permission de publier une traduction exacte de n'importe quel article ou cours, en donnant crédit à l'auteur de manière appropriée. Chaque article et chaque cours doit comporter une déclaration donnant la permission de le traduire.

Pour garantir l'exactitude de la traduction, il faut que l'auteur de l'original se réserve le droit d'exiger des corrections dans les traductions. Un traducteur devra peut-être lui laisser un temps raisonnable pour faire cela, peut-être trois mois, avant de publier la traduction pour la première fois. Ensuite le traducteur devra continuer à faire les corrections requises par l'auteur, quand ce dernier les demandera.

Plus tard, quand le nombre de gens impliqués dans l'activité de l'encyclopédie aura augmenté, les contributeurs pourraient former des « associations de vérificateurs de traductions » [Translation Accuracy Societies] pour diverses langues. L'auteur d'un ouvrage particulier pourrait alors désigner une de ces associations pour en vérifier et corriger la traduction. Il pourrait être judicieux de garder les associations de vérificateurs séparées des traducteurs effectifs, pour que chaque traduction soit vérifiée par quelqu'un d'autre que le traducteur.

Autoriser les citations avec attribution de paternité.

Chaque article encyclopédique et chaque cours doit autoriser n'importe qui à en citer des portions arbitraires dans un autre article de l'encyclopédie ou un autre cours, pourvu que la paternité en soit indiquée de manière appropriée. Cela permettra de se baser sur le travail que d'autres auront fait, sans avoir besoin de le refaire complètement.

Les différents auteurs pourront – s'ils y tiennent – établir des règles différentes sur ce qui constitue, pour eux, une attribution de paternité appropriée. Aucun souci. Tant que les règles établies pour une œuvre particulière ne seront pas déraisonnables ni impraticables, elles ne poseront pas problème.

Autoriser les versions modifiées des cours.

Les cours doivent évoluer, et les auteurs d'origine ne vont pas continuer indéfiniment à travailler dessus. De plus, les professeurs voudront adapter la documentation du cours à leurs propres méthodes et programmes d'enseignement. Puisque les cours seront typiquement volumineux (comme le sont les livres de classe aujourd'hui) ce serait un gaspillage inacceptable que de dire aux professeurs : « Écrivez le vôtre à partir de rien si vous voulez modifier ceci. »

Par conséquent, modifier un cours existant doit être autorisé ; chaque cours doit comporter une déclaration donnant la permission de publier une version modifiée.

Il est raisonnable d'exiger que les versions modifiées donnent crédit aux auteurs de la version précédente de manière appropriée, et soient marquées clairement comme étant modifiées pour qu'il n'y ait pas de confusion sur la personne dont elles présentent le point de vue.

La licence GNU de documentation libre conviendrait pour les cours.

Autoriser les versions modifiées des images et vidéos, pour les cours.

Les illustrations graphiques et les vidéos, provenant de dessins ou de photographies, vont jouer un grand rôle dans de nombreux cours. Il sera utile de les modifier pour les rendre plus pédagogiques. Par exemple, on pourrait recadrer une photo pour attirer l'attention sur une certaine caractéristique, entourer d'un cercle ou étiqueter des particularités. Utiliser de fausses couleurs peut aider à rendre plus visibles certains détails. La retouche d'image est également possible.

Qui plus est, une version modifiée d'une image pourrait illustrer une idée différente mais apparentée. On pourrait par exemple compléter un diagramme qui s'applique à un théorème de géométrie pour obtenir un diagramme qui s'applique à un autre théorème.

La permission de modifier les images et les vidéos est particulièrement importante parce que l'alternative, qui est de faire vos propres images et vidéos à partir de rien, pose souvent beaucoup de problèmes. Ce n'est pas vraiment difficile d'écrire votre propre texte pour présenter votre point de vue sur certains faits, mais faire la même chose avec une image n'est pas praticable.

Naturellement, les versions modifiées des images et des vidéos doivent être étiquetées comme modifiées pour éviter de se tromper sur la paternité de leur contenu, et doivent donner crédit à l'original de manière appropriée.

Uniquement du logiciel libre dans l'encyclopédie.

Les articles, et notamment les cours, contiendront souvent du logiciel – par exemple pour simuler une réaction chimique à l'écran ou vous apprendre comment tourner une sauce sans qu'elle brûle. Pour garantir que l'encyclopédie sera effectivement libre, tout le logiciel contenu dans les articles et les cours doit répondre aux critères de logiciel libre et de logiciel open source.

Pas de contrôle centralisé.

Les gens suggèrent souvent qu'une encyclopédie nécessite un « contrôle de qualité », et demandent quelle sorte de « conseil d'administration » va décider quels articles accepter dans l'encyclopédie. La réponse est : « Aucun. » Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser quiconque avoir un tel contrôle.

Si l'encyclopédie libre est une réussite, elle deviendra si omniprésente et si importante que nous n'oserons pas laisser une organisation, quelle qu'elle soit, décider de ce qui doit en faire partie. Cette organisation aurait trop de pouvoir ; les gens chercheraient à la politiser ou à la corrompre et pourraient facilement y arriver.

La seule solution à ce problème est de nous passer de cette sorte d'organisation ; de rejeter l'idée d'un contrôle de qualité centralisé. À la place, nous devons laisser chacun décider. Si une page web a un sujet approprié et remplit les critère d'un article, alors nous pouvons la considérer comme un article. Si la page remplit les critères d'un cours, alors nous pouvons la considérer comme un cours.

Mais que se passera-t-il si certaines pages sont erronées, ou même mensongères ? Nous ne pouvons pas partir du principe que cela n'arrivera pas. Mais il y a un correctif : mettre l'erreur en évidence dans d'autres articles. Au lieu d'avoir une « contrôle de qualité » effectué par une seule organisation privilégiée, nous aurons une évaluation par des groupes différents qui gagneront notre respect par leurs propres politiques et leurs propres actions. Dans un monde où personne n'est infaillible, c'est le mieux que nous puissions faire.

Encourager l'évaluation par les pairs et les approbations.

Il n'y aura pas d'organisation unique chargée de décider ce qu'il faut inclure dans l'encyclopédie ou les ressources pédagogiques, pas d'organisation qui puisse être démarchée par les lobbies pour exclure la « science créationniste » ou le déni de l'holocauste (ou, de la même façon, pour exclure la théorie de l'évolution ou l'histoire des camps de la mort nazis). Quand il y aura une controverse, plusieurs points de vue seront présentés. Donc il sera utile que les lecteurs soient en mesure de voir qui cautionne ou qui a évalué la version du sujet présentée dans un article donné.

Dans des domaines comme la science, l'ingénierie et l'histoire, il y a des standards formels d'évaluation par les pairs. Il faut encourager les auteurs des articles et des cours à solliciter une telle évaluation, à la fois par les mécanismes universitaires formels existants, et par le mécanisme informel qui consiste à demander à des spécialistes respectés de la discipline la permission de citer leur approbation dans l'article ou le cours.

Une approbation après évaluation par des pairs s'applique à une version particulière d'un ouvrage, pas aux versions modifiées. Par conséquent, quand un cours aura été approuvé après évaluation, il devra exiger de toute personne publiant une version modifiée qu'elle retire les approbations (l'auteur de la version modifiée sera libre de solliciter de nouvelles approbations pour sa version).

Pas de catalogue pour le moment.

Quand l'encyclopédie sera bien étoffée, les catalogues seront très importants. Mais il ne faut pas essayer de traiter le problème du catalogue maintenant car c'est prématuré. Ce dont nous avons besoin cette année et les prochaines années est d'écrire des articles. Une fois que nous les aurons, une fois que nous aurons un grand nombre de bénévoles qui produiront un grand nombre d'articles, il sera temps de les répertorier dans un catalogue. À ce moment-là, suffisamment de gens seront intéressés par l'encyclopédie pour fournir la main-d'œuvre nécessaire.

Comme aucune organisation ne sera seule en charge de l'encyclopédie, il ne pourra pas y avoir de catalogue unique faisant autorité. Au lieu de cela, n'importe qui sera libre de faire un catalogue, tout comme n'importe qui est libre d'évaluer un article. Les « catalogueurs » gagneront le respect en fonction de leurs décisions.

Les pages de l'encyclopédie seront sûrement répertoriées dans les moteurs de recherche ordinaires, et peut-être que ce sera les seuls catalogues dont nous aurons besoin. Mais de vrais catalogues devront permettre la redistribution, la traduction et la modification – c'est-à-dire que les critères des cours devront s'appliquer également aux catalogues.

Ce qui peut être utilement fait dès le début, c'est de signaler les nouveaux articles de l'encyclopédie à un site particulier qui pourra enregistrer leurs titres en tant que données brutes pour les vrais catalogues, pour le jour où des gens commenceront à les écrire. Au début, nous utiliserons pour cela http://www.gnu.org/encyclopedia.

Faire des liens vers les autres pages.

Et enfin, la règle la plus importante pour les pages d'encyclopédie est la règle d'exclusion :

Si une page web couvre un sujet qui devrait être dans l'encyclopédie ou la bibliothèque de cours, mais que sa licence est trop restrictive pour satisfaire à nos critères, nous ne devons pas la mettre en lien dans l'encyclopédie ni les cours.

Cette règle garantira que nous respecterons nos propres règles, de la même façon que la règle d'exclusion pour les preuves est censée obliger la police à respecter ses propres règles : en nous interdisant de traiter un ouvrage qui ne remplit pas les critères comme s'il les remplissait effectivement.

Le principe du World Wide Web est que les liens font de diverses pages séparées un ensemble plus vaste. Ainsi, quand des articles d'encyclopédie ou des cours mettent en lien une certaine page, ces liens intègrent de fait cette page dans l'encyclopédie. Prétendre le contraire serait se mentir à soi-même. Si nous voulons prendre au sérieux les critères présentés plus haut, ou n'importe quels autres critères, nous devons en faire la base de nos actions en n'incorporant pas dans notre réseau de pages celles qui ne correspondent pas à ces critères.

Quand un sujet devrait être couvert par l'encyclopédie ou par un cours, mais qu'il ne l'est pas, nous devons veiller à ne pas oublier qu'il y a une lacune. La règle d'exclusion nous le rappellera. Chaque fois que nous nous apprêterons à mettre en lien une page inacceptable et que nous serons arrêtés par la règle d'exclusion, cela nous rappellera que quelqu'un devrait écrire une autre page sur le même sujet – une page qui soit assez libre pour faire partie de l'encyclopédie. Et l'un d'entre nous finira bien par faire le travail.

D'un autre côté, de nombreuses pages web couvrent de la documentation qui normalement n'a pas sa place dans l'encyclopédie – par exemple les articles de recherche, les bases de données statistiques détaillées, les articles de presse, les romans et l'art, les bibliographies exhaustives, et les catalogues commerciaux. Indépendamment du fait qu'elles soient, ou non, assez libres pour faire partie de l'encyclopédie, ces pages sortent de son domaine. Elles ne représentent pas des lacunes dans l'encyclopédie. Il n'est donc pas nécessaire de leur appliquer les critères de l'encyclopédie pour les mettre en lien.

Produire une encyclopédie complète qui suive les principes de liberté énoncés ici prendra du temps, mais nous finiront par y arriver – à condition de nous souvenir de l'objectif. Le plus grand danger serait de perdre l'objectif de vue et de nous contenter de moins. La règle d'exclusion est une assurance que nous irons jusqu'au bout.

Faire respecter la liberté de contribuer.

À mesure que l'enseignement se déplace en ligne et se commercialise de plus en plus, il y a danger que les professeurs perdent jusqu'au droit de rendre leur travail librement disponible au public. Certaines universités ont essayé de revendiquer la propriété de la documentation pédagogique en ligne produite par les professeurs, pour la transformer en « didacticiels » commerciaux à usage restreint. Pendant ce temps, d'autres universités ont sous-traité leurs services en ligne à de grandes entreprises dont certaines revendiquent la propriété de toute la documentation mise en ligne sur les sites web de l'université.

Il appartiendra aux professeurs de résister à cette tendance. Mais il y a plusieurs façons de le faire. Le motif d'objection le plus évident est de dire : « Je suis propriétaire de cet ouvrage et c'est moi, pas l'université, qui ai le droit de le vendre à une société si je le souhaite. » Mais cela place les professeurs au même niveau moral d'égoïsme que l'université, de sorte qu'aucune des parties n'a l'avantage moral dans la discussion.

Si, en revanche, le professeur dit « Je veux être en mesure de rendre mon ouvrage complètement disponible au public, sans restriction », il occupe la position morale dominante, à laquelle une université ne peut s'opposer qu'en se dressant contre le public, contre l'acquisition du savoir et contre l'érudition.

Résister à la mise en vente de l'université ne va pas être facile. Les professeurs ont intérêt à se servir de tous les avantages dont ils peuvent disposer – notamment les avantages moraux.

Deux autres points qui vont aider : 1) il est probable qu'un petit nombre d'universités prestigieuses vont avaler l'essentiel de ce commerce, donc les autres universités se feraient des illusions si elles pensaient qu'elles pourront vraiment obtenir beaucoup de fonds en se vendant, et 2) l'industrie va probablement pousser les universités d'élite elles-mêmes hors des niches les plus lucratives de ce marché.

Faites passer le mot.

Quand vous mettez en ligne un article d'encyclopédie ou un cours potentiel, vous pouvez vous référer à ce projet si vous le souhaitez, pour aider à passer le mot et donner à d'autres l'idée d'apporter leur aide.

Travaux en cours.

Voici une petite liste (probablement incomplète) des encyclopédies libres :

[logo de la FSF]« Notre mission est de préserver, protéger et promouvoir la liberté d'utiliser, étudier, copier, modifier et redistribuer les programmes informatiques, et de défendre les droits des utilisateurs de logiciel libre. »

La Fondation pour le logiciel libre (FSF) est le principal sponsor institutionnel du système d'exploitation GNU. Soutenez GNU et la FSF en achetant des manuels et autres, en adhérant à la FSF en tant que membre associé, ou en faisant un don, soit directement à la FSF, soit via Flattr.

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