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L'original de cette page est en anglais.

Le problème de la licence BSD

Les deux catégories principales de licences libres sont les licences à copyleft et les licences sans copyleft. Les licences à copyleft comme la GNU GPL exigent que les versions modifiées d'un programme soient aussi des logiciels libres. Les licences sans copyleft ne l'exigent pas. Nous recommandons le copyleft, car il protège la liberté de tous les utilisateurs, mais le logiciel non soumis au copyleft est néanmoins utile pour la communauté du logiciel libre.

Il y a différentes licences libres sans copyleft, dont les licences Expat, FreeBSD, X10, X11, la licence FreeBSD et les deux licences BSD (distribution de logiciels de Berkeley). La plupart sont équivalentes à part sur des détails de formulation, mais la licence utilisée par BSD jusqu'en 1999 avait un problème spécial : « l'odieuse clause de publicité de BSD », qui stipulait que chaque publicité mentionnant le logiciel devait inclure une citation particulière :

3. All advertising materials mentioning features or use of this software
   must display the following acknowledgement:
     This product includes software developed by the University of
     California, Berkeley and its contributors.1

Initialement, l'odieuse clause de publicité de BSD était seulement utilisée dans la distribution des logiciels de Berkeley. Cela ne causait pas de problème particulier, car inclure une citation dans une publicité n'est pas très difficile en pratique.

Si d'autres développeurs qui utilisent des licences de style BSD avaient copié la clause de publicité mot pour mot, y compris la citation qui se réfère à l'université de Californie, alors ils n'auraient pas aggravé le problème.

Mais, comme vous pouvez vous en douter, les autres développeurs n'ont pas copié la clause mot pour mot. Ils l'ont changée, en remplaçant University of California par leur propre organisation et leurs propres noms. Le résultat est une pléthore de licences exigeant une pléthore de citations différentes.

Quand les gens rassemblent de tels programmes dans un système d'exploitation, cela pose un gros problème. Imaginez un système composé de logiciels demandant 75 citations différentes, chacune nommant un auteur ou groupe d'auteurs différent. Pour en faire la promotion, il vous faudrait une pleine page de publicité.

Cela peut sembler une extrapolation absurde, mais c'est un fait avéré. Dans une version de NetBSD de 1997, j'ai compté 75 de ces citations (heureusement, NetBSD a décidé de ne plus en ajouter et d'en enlever le plus possible).

Pour m'attaquer à ce problème, je parle à mes « moments perdus » à des développeurs qui ont utilisé des licences de style BSD, en leur demandant de supprimer la clause de publicité. En 1996, j'en ai parlé aux développeurs de FreeBSD et ils ont décidé de la supprimer de leur propre code. En mai 1998 les développeurs de Flick à l'université d'Utah ont supprimé cette clause.

Le doyen Hal Varian de l'université de Californie à pris parti pour la cause et s'en est fait le porte-parole auprès de l'administration. En juin 1999, après deux ans de discussions, l'université de Californie a supprimé cette clause de la licence de BSD.

Ainsi, il y a désormais une nouvelle licence BSD qui ne contient pas la clause de publicité. Malheureusement, elle n'en supprime pas l'héritage : des clauses similaires sont toujours présentes dans les licences de beaucoup de paquets qui ne font pas partie de BSD. La modification de la licence de BSD n'a pas d'effet sur les autres paquets qui ont imité l'ancienne licence BSD ; seuls les développeurs de ces paquets peuvent les modifier.

Mais s'ils ont suivi l'exemple de Berkeley auparavant, peut-être que la modification de la politique de Berkeley convaincra certain d'entre eux de changer. Ça vaut le coup de demander.

Donc, si l'un de vos paquets favoris utilise toujours la licence BSD avec la clause de publicité, demandez à son responsable de lire cet article et d'envisager cette modification.

Et si vous voulez publier un logiciel libre sous une licence sans copyleft, merci de ne pas utiliser la clause de publicité. Ainsi, au lieu de copier la licence BSD d'un paquet publié – qui pourrait toujours contenir l'ancienne version de la licence – veuillez utiliser d'autres licences permissives comme Expat ou FreeBSD.

Vous pouvez aussi favoriser la prise de conscience de ce problème en n'utilisant pas le terme « style BSD » et en ne disant pas « la licence BSD », ce qui implique qu'il n'y en a qu'une. Voyez-vous, quand on utilise le terme « licences de style BSD » pour se référer à toutes les licences libres sans copyleft, on peut amener de nouveaux développeurs de logiciels libres qui veulent utiliser une licence sans copyleft à prendre pour acquit que c'est le modèle de BSD qu'il faut suivre. Il ou elle pourrait copier la licence avec la clause de publicité, non de manière intentionnelle, mais juste par hasard.

Si vous voulez citer un exemple précis de licence sans copyleft et que vous n'avez pas de préférence marquée, je vous prie d'utiliser un exemple sans problème particulier. Par exemple, si vous parlez des « licences de style X11 », vous encouragerez les développeurs à copier la licence X11 et à éviter la clause de publicité plutôt que de prendre un risque en choisissant au hasard l'une des deux licences BSD.

Ou bien vous pouvez mentionner la licence sans copyleft que nous recommandons par rapport aux autres licences sans copyleft : la licence Apache 2.0, qui a une clause évitant les entourloupes relatives aux brevets.

Quand vous souhaitez faire référence spécifiquement à l'une des licences BSD, précisez toujours de laquelle il s'agit : « la licence BSD originale » ou « la licence BSD modifiée ».


Par la suite, une troisième variante de la licence BSD est apparue, incluant seulement deux des quatre clauses de la licence BSD originale. Nous l'appelons « Licence FreeBSD ». C'est une licence libre, laxiste et sans copyleft, compatible avec la GNU GPL, tout comme la licence BSD modifiée.

Traduction non officielle
  1.     3. Tous les documents de promotion mentionnant les fonctionnalités
        ou l'utilisation de ce logiciel doivent comporter les remerciements
        suivants :
          Ce produit comporte du logiciel développé par l'université de
          Californie à Berkeley et par ses collaborateurs. 

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