English [en]   العربية [ar]   català [ca]   Česky [cs]   Deutsch [de]   español [es]   français [fr]   italiano [it]   日本語 [ja]   polski [pl]   português do Brasil [pt-br]   română [ro]   русский [ru]   српски [sr]   Türkçe [tr]  

L'original de cette page est en anglais.

Mots à éviter (ou à utiliser avec précaution),
car connotés ou prêtant à confusion

Il y a un certain nombre de mots et d'expressions que nous vous recommandons d'éviter, du moins dans certains contextes et usages. Certains sont ambigus ou trompeurs ; d'autres présupposent un point de vue avec lequel nous ne sommes pas d'accord et, nous l'espérons, vous n'êtes pas d'accord non plus.

Autres articles | « accès » | « alternative » | « type BSD » | « fermé » | « cloud computing » | « informatique dans les nuages » | « informatique en nuage » | « commercial » | « compensation » | « consommer » | « consommateur » | « contenu » | « sous licence Creative Commons » | « créateur » | « biens numériques » | « verrous numériques » | « serrures numériques » | « gestion numérique des droits » | « écosystème » | « FLOSS » | « gratuitement » | « FOSS » | « disponible gratuitement » | « graticiel » | « freeware » | « donner des logiciels » | « Google » | « hacker » | « propriété intellectuelle » | « système LAMP » | « système Linux » | « marché » | « monétiser » | « lecteur MP3 » | « ouvert » | « open » | « PC » | « Photoshop » | « piratage » | « piraterie » | « PowerPoint » | « protection » | « RAND » | « SaaS » | « vendre des logiciels » | “économie de partage” | « Skype » | « industrie du logiciel » | “modèle de source” | « vol » | « informatique de confiance » | « vendeur »

« Accès »

Penser que la liberté d'un logiciel implique « l'accès » du public à ce logiciel est une misconception courante. Ce n'est pas ce que veut dire logiciel libre.

Les critères du logiciel libre ne s'intéressent pas à qui a « accès » au programme ; les quatre libertés essentielles concernent ce qu'un utilisateur possédant une copie du programme peut en faire. Par exemple, la liberté 2 dit que cet utilisateur est libre d'en faire une autre copie et vous la donner ou vous la vendre. Mais aucun utilisateur n'est obligé de faire cela pour vous ; vous n'avez pas le droit d'exiger une copie de ce programme d'un utilisateur, quel qu'il soit.

En particulier, si vous écrivez vous-même un programme et n'en proposez de copie à personne d'autre, ce programme est un logiciel libre (d'une manière triviale) parce que vous (seul utilisateur l'ayant en sa possession) avez les quatre libertés essentielles.

En pratique, quand de nombreux utilisateurs possèdent des copies d'un programme, il est sûr que l'un d'entre eux le mettra sur Internet et qu'ainsi tout le monde y aura accès. Nous pensons que c'est ce qu'on doit faire si le programme est utile. Mais ce n'est pas une exigence du logiciel libre.

Il y a un seul contexte de logiciel libre dans lequel la question de l'accès est directement pertinente : la GNU GPL permet de donner à un utilisateur particulier accès par téléchargement au code source d'un programme au lieu de lui donner une copie physique du code source. Ceci s'applique au cas spécial où l'utilisateur a déjà une copie du programme sous forme non source.

« Alternative »

Nous ne décrivons pas le logiciel libre comme une « alternative » au logiciel privateur. Cela supposerait en effet que toutes les « alternatives » sont légitimes et que les utilisateurs ont avantage à en avoir une de plus, quelle qu'elle soit. De fait, ce terme implique que le logiciel libre devrait coexister avec du logiciel qui ne respecte pas la liberté des utilisateurs.

Nous croyons que la distribution de logiciel en tant que logiciel libre est la seule manière éthique de le rendre disponible aux autres. Les autres méthodes, distribution de logiciel non libre et service se substituant au logiciel assujettissent leurs utilisateurs. Nous ne pensons pas que ce soit une bonne chose de proposer aux utilisateurs ces « alternatives » au logiciel libre.

« Type BSD »

L'expression « licence de type BSD » [BSD-style license] prête à confusion car elle mélange des licences qui ont des différences importantes. Par exemple, la licence originale BSD, avec sa clause publicitaire, n'est pas compatible avec la GNU GPL, mais la licence BSD révisée est compatible avec la GPL.

Pour être plus clair, il est préférable de nommer la licence spécifique en question et d'éviter le terme vague « de type BSD ».

« Fermé »

En décrivant un logiciel non libre comme « fermé », on se réfère clairement au terme open source (source ouverte). Au sein du mouvement du logiciel libre, nous voulons éviter d'être confondus avec le mouvement open source, aussi, nous évitons soigneusement de dire des choses qui inciteraient les gens à nous mettre tous dans le même panier. Par conséquent, nous évitons de décrire un logiciel non libre comme « fermé ». Nous le qualifions de « non libre » ou « privateur ».1

« Cloud computing », « informatique dans les nuages » et « informatique en nuage »

L'expression cloud computing (ou simplement cloud, dans un contexte informatique) est un terme de marketing sans signification cohérente, souvent traduit par « informatique dans les nuages » ou « informatique en nuage ».2 Ces expressions sont utilisées pour un ensemble d'activités différentes dont le seul dénominateur commun est d'utiliser Internet pour quelque chose d'autre que la transmission de fichiers. Par conséquent, elles sèment la confusion. Si vous les utilisez dans vos réflexions, votre pensée sera confuse.

En réfléchissant ou en répondant à une déclaration d'un tiers utilisant l'une de ces expressions, la première étape est de clarifier le sujet. De quel scénario s'agit-il ? Par quel terme clair et adéquat doit-on désigner ce scénario ? Une fois que le sujet sera formulé clairement, une discussion cohérente sera possible.

Parmi les nombreuses significations de cloud computing, il y a le stockage de données sur des services en ligne. Dans la plupart des scénarios, c'est stupide car cela vous expose à la surveillance [en].

Une deuxième signification (qui inclut la précédente sans pour autant décrire la même chose) est « service se substituant au logiciel » (SaaSS), une pratique qui vous prive de tout contrôle sur votre informatique. Vous ne devriez jamais utiliser de SaaSS.

Ces expressions recouvrent également la location d'un serveur physique distant, ou d'un serveur virtuel, pratiques valables dans certaines circonstances.

Enfin, elles peuvent désigner le fait d'accéder à votre propre serveur à partir de votre propre appareil mobile, ce qui ne pose pas de problème éthique particulier.

La définition de cloud computing donnée par le NIST [en] mentionne trois scénarios qui soulèvent différents problèmes éthiques : le logiciel en tant que service (SaaS), la plateforme en tant que service et l'infrastructure en tant que service. Toutefois, cette définition ne correspond pas à la signification courante de cloud computing, puisqu'elle ne tient pas compte des services de stockage de données en ligne. Le SaaS tel que défini par le NIST recouvre largement le SaaSS (service se substituant au logiciel), qui ne traite pas correctement l'utilisateur ; mais les deux concepts ne sont pas équivalents.

Ces différentes pratiques informatiques n'ont même pas à faire partie de la même discussion. La meilleure manière d'éviter la confusion propagée par l'expression cloud computing est de ne pas parler de cloud, ni de « nuage », quand il s'agit d'informatique. Parlez du scénario qui vous occupe et désignez-le d'un nom spécifique.

Curieusement, Larry Ellison, un développeur de logiciel privateur, a également noté la vacuité du terme cloud computing [en]. Il a décidé de l'utiliser quand même, car en tant que développeur de logiciels privateurs, il n'est pas motivé par les mêmes idéaux que nous.

« Commercial »

N'utilisez pas le mot « commercial » comme synonyme de « non libre ». Cela mélange deux notions totalement distinctes.

Un programme est commercial s'il est développé en tant que partie d'une activité commerciale. Un programme commercial peut être libre ou non libre en fonction de sa licence. De la même manière, un programme développé par une école ou une personne isolée peut être libre ou non libre, en fonction de sa licence. Les deux questions, quel type d'entité a développé le programme et quelle liberté est laissée aux utilisateurs, sont indépendantes.

Dans la première décennie du mouvement du logiciel libre, les logiciels libres étaient pratiquement tous non commerciaux ; les composants du système d'exploitation GNU/Linux étaient développés par des particuliers ou par des organisations non commerciales telles que la FSF ou des universités. Mais dans les années 1990, le logiciel commercial libre a commencé à apparaître.

Le logiciel commercial libre est une contribution à notre communauté, donc nous l'encourageons. Mais ceux qui pensent que « commercial » signifie « non libre » sont tentés de penser que l'idée de logiciel commercial libre contient une contradiction interne et la rejettent. Faisons attention à ne pas utiliser le mot « commercial » dans ce sens.

« Compensation »

Parler de « compensation pour les auteurs » en lien avec le copyright suggère les hypothèses que (1) le copyright existe pour le bien des auteurs et que (2) quand nous lisons quelque chose, nous avons une dette envers l'auteur, que nous devons rembourser. La première hypothèse est simplement fausse, et la seconde est choquante.

Le terme « compensation pour les ayants droit » ajoute une arnaque : vous êtes censés imaginer qu'il s'agit de payer les auteurs, et ça peut être le cas parfois, mais la plupart du temps cela induit des subsides pour les mêmes sociétés d'édition qui nous assomment de lois injustes.

« Consommer »

« Consommer » se réfère à ce que nous faisons avec la nourriture : nous l'ingérons, à la suite de quoi la nourriture n'existe plus en tant que telle. Par analogie, nous employons le même mot pour décrire l'utilisation d'autres ressources d'une manière qui les épuise. Son application à des biens durables comme les vêtements ou les appareils est limite. Son application à des œuvres publiées (programmes, enregistrements sur disque ou dans un fichier, livres sur papier ou dans un fichier), dont la nature est de durer indéfiniment et qui peuvent être exécutés, joués ou lus un nombre illimité de fois, est tout simplement une erreur. Jouer un enregistrement ou exécuter un programme ne le consomme pas.

Le terme « consommer » est associé à l'économie des produits matériels non copiables et amène les gens à transposer inconsciemment les conclusions de cette économie aux œuvres numériques copiables – un erreur que les développeurs de logiciel privateur (et autres éditeurs) souhaitent vivement encourager. Leur point de vue biaisé transparaît clairement dans cet article, qui se réfère également aux publications en tant que « contenu »

Le point de vue réducteur associé à l'idée que nous « consommons du contenu » ouvre la voie à des lois comme la (DMCA), qui interdit aux utilisateurs de contourner les dispositifs de gestion numérique des restrictions (DRM) des appareils numériques. Si les utilisateurs pensent que ces appareils leur servent à « consommer », ils peuvent considérer de telles restrictions comme naturelles.

De plus, il favorise l'acceptation de services de « streaming » qui se servent de dispositifs de DRM pour restreindre les enregistrements numériques à un type d'utilisation compatible avec le mot « consommer ».

Pourquoi cet usage pervers est-il en train de se répandre ? Certains pensent peut-être que le terme a l'air sophistiqué ; s'il a de l'attrait pour vous, son rejet pour des raisons valables peut apparaître encore plus sophistiqué. Pour d'autres, il s'agit de raisons commerciales (les leurs, ou celles de leur empoyeur). L'usage de ce terme dans des forums prestigieurx donne l'impression que c'est le terme « correct ».

Parler de « consommer » de la music, un roman ou toute autre œuvre artistique revient à les traiter comme des produits plutôt que comme de l'art. Si vous ne voulez pas propager cette attitude, vous feriez mieux de rejeter l'usage du terme « consommer » en ce qui les concerne. Nous recommandons de dire qu'on « fait l'expérience » d'une œuvre artistique ou d'une œuvre présentant un point de vue, mais qu'on « utilise » une œuvre d'intérêt pratique.

Voir également la rubrique suivante.

« Consommateur »

Le terme « consommateur », lorsqu'il est utilisé pour désigner les utilisateurs de l'informatique, est chargé d'hypothèses que nous devons rejeter. Certaines ont pour origine l'idée que l'utilisation du programme le « consomme » (voir la rubrique précédente), ce qui amène les gens à transposer aux œuvres numériques copiables les conclusion économiques établies à propos de produits matériels non copiables.

En outre, décrire les utilisateurs de logiciel comme des « consommateurs » se réfère à un schéma de pensée dans lequel les gens se limitent à choisir entre les produits qui se trouvent être disponibles sur le « marché ». Il n'y a pas place dans ce schéma de pensée pour l'idée qu'ils puissent avoir le contrôle direct de ce que fait un logiciel.

Pour décrire des gens qui ne se limitent pas à la consommation passive d'œuvres, nous suggérons des termes comme « personnes », « particuliers » et « citoyens », plutôt que « consommateurs ».

Le problème que pose l'emploi du mot « consommateur » a déjà été signalé.

« Contenu »

En anglais, le mot content possède plusieurs sens. Il est parfaitement légitime de l'utiliser pour décrire un sentiment de confort et de satisfaction. Mais se servir de ce mot comme substantif (au sens de contenu) et l'appliquer à des publications ou à des œuvres de l'esprit, reflète une attitude que vous feriez mieux d'éviter. Cela revient à considérer ces œuvres comme des marchandises dont le but est de remplir des boîtes et de faire de l'argent. De fait, ce terme les rabaisse. Si vous n'êtes pas d'accord avec cette attitude, vous pouvez les appeler « œuvres » ou « publications ».

Ceux qui utilisent le terme « contenu » sont souvent les éditeurs qui s'efforcent d'obtenir des pouvoirs de copyright accrus au nom des auteurs (« créateurs », comme ils disent) des œuvres. « Contenu » révèle ce qu'ils pensent vraiment de ces œuvres et de leurs auteurs (consultez Courtney Love's open letter to Steve Case [en] – Lettre ouverte de Courtney Love à Steve Case – et recherchez content provider dans cette page ; hélas, Madame Love n'est pas consciente que le terme « propriété intellectuelle » est aussi trompeur).

Quoi qu'il en soit, aussi longtemps que d'autres personnes utiliseront l'expression « fournisseurs de contenu » [content providers], les dissidents politiques peuvent tout aussi bien se donner le nom de « fournisseurs de mécontentement » [malcontent providers].

Le terme de « gestion de contenu » remporte le prix de la vacuité. « Contenu » signifie « un type d'information » et « gestion » dans ce contexte, « faire quelque chose avec cette information ». Donc un «  système de gestion de contenu » est un système pour faire quelque chose avec un type d'information. Cette description correspond à la plupart des programmes.

Dans la plupart des cas, ce terme se réfère en fait à un système pour mettre à jour des pages sur un site web. Pour cela, nous recommandons le terme « système de révision pour site web ».

« Sous licence Creative Commons »

Le plus important, à propos de la licence d'une œuvre, est de savoir si elle est libre. Creative Commons publie sept licences ; trois d'entre elles sont libres (CC BY, CC BY-SA et CC0) et les autres ne le sont pas. Par conséquent, décrire une œuvre comme étant « sous licence Creative Commons » ne dit pas si elle est libre et suggère que la question est sans importance. La réponse est peut-être positive, mais ne pas la donner est dommageable.

Pour attirer l'attention des gens sur la différence la plus importante entre les licences Creative Commons, précisez toujours laquelle s'applique. Par exemple : « sous licence Creative Commons CC BY-SA ». Si vous ne savez pas quelle licence régit une œuvre donnée, renseignez-vous et alors seulement formulez votre phrase.

« Créateur »

Le terme « créateur », appliqué aux auteurs, les compare implicitement à un dieu (le « créateur »). Le terme est utilisé par les éditeurs pour élever le statut moral des auteurs au-dessus de celui des gens ordinaires, pour justifier des pouvoirs de copyright3 accrus que les éditeurs exercent au nom des auteurs. Nous vous recommandons de dire « auteur » à la place. Cependant, dans beaucoup de cas, « détenteurs de copyright » est ce que vous voulez réellement dire. Ces deux termes ne sont pas équivalents. Il arrive souvent que le détenteur du copyright ne soit pas l'auteur.

« Biens numériques »

L'expression « biens numériques », telle qu'elle est appliquée aux copies d'œuvres de l'esprit, les force à rentrer dans le schéma de pensée des biens physiques, qui ne peuvent être copiés, et qui par conséquent doivent être fabriqués et vendus. Cette métaphore incite les gens à juger de questions touchant au logiciel et autres œuvres numériques en se basant sur leurs opinions et intuitions concernant les biens physiques. De plus, elle place ces questions dans le cadre de l'économie, dont les valeurs superficielles et limitées ne comportent pas les notions de liberté et de communauté.

« Verrous (ou serrures) numériques »

Les expressions « verrous numériques » et « serrures numériques » (traductions de digital locks) sont utilisées pour désigner les dispositifs de gestion numérique des restrictions (DRM) par certains de ceux qui les critiquent. Le problème est qu'elles ne rendent pas justice à la malignité des DRM. Les gens qui ont inventé ces expressions n'y ont pas bien réfléchi.

Les verrous, de même que les serrures, ne sont pas nécessairement oppressifs ni mauvais. Vous en possédez probablement plusieurs, ainsi que leurs clés ou leurs codes ; vous les trouvez utiles ou gênants, mais de toute façon ils ne vous oppriment pas parce que vous pouvez les ouvrir et les fermer. De même, nous constatons que le chiffrement constitue une protection inestimable de nos fichiers numériques. Cela aussi est une sorte de serrure sur laquelle vous exercez un contrôle.

Un dispositif de DRM est comme un verrou (une serrure) placé(e) sur vous par une autre personne qui refuse de vous en donner la clé, autrement dit comme des menottes. Par conséquent la métaphore appropriée au DRM est « menottes numériques » et non « verrous (ou serrures) numériques ».

De nombreuses campagnes d'opposition aux DRM ont choisi la terminologie peu judicieuse de « verrous (ou serrures) numériques » ; pour rectifier les choses, nous devons réclamer avec fermeté que cette erreur soit corrigée. La FSF peut soutenir une campagne qui s'oppose aux « verrous (ou serrures) numériques » si nous sommes d'accord sur le fond ; toutefois, quand nous déclarons notre soutien, nous remplaçons ostensiblement cette expression par « menottes numériques » et nous disons pourquoi.

« Gestion numérique des droits »

La « gestion numérique des droits » [Digital Rights Management] se réfère à des schémas techniques ayant pour but d'imposer des restrictions aux utilisateurs de l'informatique. L'emploi du mot « droits » dans cette expression est de la propagande conçue pour vous amener, sans vous en rendre compte, à adopter le point de vue de la minorité qui impose ces restrictions, tout en ignorant celui du grand public à qui elles sont imposées.

Parmi les bonnes alternatives : « gestion numérique des restrictions » [Digital Restrictions Management] et « menottes numériques » [digital handcuffs].

Merci d'apporter votre soutien à notre campagne pour abolir les DRM en vous inscrivant sur ce site.

« Écosystème »

Il n'est pas recommandé de décrire la communauté du libre, ou toute autre communauté humaine, comme un « écosystème », parce que ce mot implique une absence de jugement éthique.

Le terme « écosystème » suggère une attitude uniquement observatrice, sans volonté de juger : ne pas se demander comment les choses devraient se passer, juste étudier et comprendre ce qui se passe effectivement. Dans un écosystème, certains organismes consomment les autres. En écologie, on ne se demande pas s'il est juste qu'une chouette mange une souris ou qu'une souris mange une graine, on observe seulement qu'elles le font. Les populations des différentes espèces croissent ou décroissent selon leur environnement ; ce n'est ni bien ni mal, juste un phénomène écologique, même si cela peut aller jusqu'à l'extinction d'une espèce.

En revanche, les êtres qui adoptent une attitude active envers leur environnement peuvent décider de préserver des choses qui, sans leur intervention, pourraient s'éteindre : par exemple la société civile, la démocratie, les droits de l'homme, la paix, la santé publique, la stabilité du climat, la propreté de l'air et de l'eau, les espèces en danger, les arts traditionnels… et la liberté des utilisateurs de l'informatique.

« FLOSS »

Le terme « FLOSS », qui signifie Free/Libre and Open Source Software, a été inventé comme moyen de rester neutre vis-à-vis du logiciel libre et du logiciel open source. Si la neutralité est ce que vous recherchez, « FLOSS » est le meilleur choix. Mais si vous voulez montrez que vous êtes partisan de la liberté, n'employez pas de terme neutre.

« Gratuitement »

Si vous voulez dire qu'un programme est un logiciel libre, ne dites pas qu'il est disponible gratuitement [freely], (ou « librement » dans le sens d'« entrée libre »). Cette expression signifie « à prix nul ». L'important dans le logiciel libre, c'est la liberté, pas le prix.4

Les logiciels libres sont souvent disponibles gratuitement, par exemple sur des serveurs FTP. Mais des copies de logiciels libres sont aussi disponibles sur des CD-ROM payants, des copies de logiciels privateurs peuvent être occasionnellement disponibles gratuitement dans des promotions, et certains logiciels privateurs sont normalement disponibles gratuitement pour certains utilisateurs.

Pour éviter toute confusion, vous pouvez dire que le programme est disponible « en tant que logiciel libre ».

« FOSS »

Le terme « FOSS », qui signifie Free and Open Source Software, été inventé comme moyen de rester neutre vis-à-vis du logiciel libre et du logiciel open source mais il n'atteint pas vraiment son but. Si la neutralité est ce que vous recherchez, « FLOSS » est un meilleur choix. Mais si vous voulez montrez que vous êtes partisan de la liberté, n'employez pas de terme neutre.

« Disponible gratuitement »

N'utilisez pas l'expression « logiciel disponible gratuitement » comme synonyme de « logiciel libre ». Ces expressions ne sont pas équivalentes. « Disponible gratuitement » signifie que tout le monde peut facilement en obtenir une copie. « Logiciel libre » est défini en termes de liberté accordée aux utilisateurs qui en ont une copie. Ce sont des réponses à des questions différentes.

« Graticiel » ou « freeware »

Veuillez ne pas utiliser le terme « graticiel » ou freeware comme synonymes de « logiciel libre ». Freeware était souvent utilisé dans les années 80 pour des programmes distribués uniquement sous leur forme exécutable, sans le code source. Aujourd'hui, ce terme n'a pas vraiment de définition acceptée.

Si vous utilisez d'autres langues que l'anglais, essayez d'éviter également d'employer des mots empruntés à l'anglais tels que free software ou freeware. C'est mieux de traduire l'expression free software dans votre langue (en français : logiciel libre).

En utilisant un mot de votre propre langue, vous montrez que vous vous référez bien à la liberté et que vous ne vous contentez pas d'imiter un mystérieux concept de marketing venant de l'étranger. La référence à la liberté peut, à première vue, sembler étrange ou perturbante pour vos compatriotes, mais quand ils verront que le logiciel libre fait exactement ce qu'il dit, ils comprendront vraiment le message qu'il véhicule.

« Donner des logiciels »

Utiliser le terme « donner » au lieu de « distribuer un programme comme logiciel libre » induit en erreur. Le problème est le même qu'avec « gratuitement » : cela implique que le problème est le prix, pas la liberté. Une façon d'éviter la confusion est de dire « distribuer en tant que logiciel libre ».

“Google”

Veuillez éviter d'utiliser le mot « google » comme verbe, dans le sens de « chercher quelque chose sur Internet. « Google » n'est que le nom d'un moteur de recherche particulier parmi d'autres. Nous suggérons d'utiliser à la place l'expression « recherche sur le web ». Essayez d'utiliser un moteur de recherche qui respecte votre vie privée ; DuckDuckGo déclare ne pas pister ses utilisateurs, bien que nous ne puissions pas le confirmer.

« Hacker »

Un hacker est quelqu'un qui apprécie l'astuce joueuse [en] – pas nécessairement avec les ordinateurs. Les programmeurs de l'ancienne communauté du logiciel libre du MIT des années 60 et 70 s'identifiaient eux-mêmes comme hackers. Aux environs de 1980, des journalistes qui découvraient la communauté des hackers ont mal compris ce terme et l'ont assimilé à « casseurs de sécurité ».

Veuillez ne pas répandre cette erreur. Les personnes qui cassent la sécurité sont des « crackers ».

« Propriété intellectuelle »

Les éditeurs et les juristes aiment assimiler le copyright à la « propriété intellectuelle » – un terme qui inclut aussi les brevets, les marques déposées et d'autres domaines plus obscurs du droit. Ces lois ont si peu de choses en commun, et diffèrent tant, qu'il serait malavisé de faire des généralisations. Il est beaucoup mieux de parler spécifiquement de « copyright », de « brevets » ou de « marques déposées ».

Le terme « propriété intellectuelle » contient un postulat caché : que la façon naturelle de penser à ces divers problèmes est basée sur une analogie avec les objets physiques, et avec la façon dont nous envisageons ces derniers comme étant notre propriété.

Quand il s'agit de copie, cette analogie néglige la différence cruciale entre les objets matériels et l'information : l'information peut être copiée et partagée presque sans effort, alors que ce n'est pas possible avec les objets matériels.

Pour éviter de propager le parti pris et la confusion, il est préférable d'adopter fermement l'attitude de ne pas parler ni même penser en termes de « propriété intellectuelle ».

L'hypocrisie d'appeler ces pouvoirs « droits » commence à embarrasser l'Organisation mondiale de la « propriété intellectuelle ».

« Système LAMP »

« LAMP » signifie « Linux, Apache, MySQL et PHP » – une combinaison courante de logiciels à utiliser sur un serveur web, sauf que « Linux » désigne en réalité le système GNU/Linux. Donc, au lieu de « LAMP » ce devrait être « GLAMP » : « GNU, Linux, Apache, MySQL and PHP ».

« Système Linux »

Linux est le nom du noyau que Linus Torvalds a développé à partir de 1991. Le système d'exploitation dans lequel Linux est utilisé est principalement GNU et Linux lui a été ajouté. Appeler tout le système « Linux » est à la fois injuste et source de confusion. Veuillez appeler le système complet GNU/Linux, pour en donner crédit au projet GNU et pour distinguer le système complet du noyau seul.

« Marché »

Il est trompeur de décrire les utilisateurs de logiciels libres ou les utilisateurs de logiciels en général en terme de « marché ».

Cela ne veut pas dire que nous sommes contre les marchés. Si vous avez une société de services s'occupant de logiciels libres, alors vous avez des clients et vous commercez avec eux dans un marché. Aussi longtemps que vous respectez leur liberté, nous vous souhaitons de réussir dans votre marché.

Mais le mouvement du logiciel libre est un mouvement sociétal, pas une entreprise, et la réussite à laquelle il se destine n'est pas celle d'un marché. Nous essayons de servir le public en lui donnant la liberté – pas en essayant de retirer des clients à un concurrent. Assimiler la campagne pour la liberté à une campagne commerciale nie l'importance de la liberté et légitime le logiciel privateur.

« Monétiser »

La définition correcte de « monétiser » est « utiliser quelque chose comme monnaie ». Par exemple, les sociétés humaines ont monétisé l'or, l'argent, le cuivre, le papier imprimé, certaines sortes de coquillages, et de gros cailloux. Cependant, nous observons maintenant une tendance à utiliser ce mot d'une autre façon, dans le sens d'« utiliser quelque chose comme centre de profit ».

Cette pratique donne au profit le premier rôle, et à la chose qu'on utilise pour faire du profit un rôle secondaire. Lorsqu'elle est appliquée à un projet logiciel, cette attitude est criticable parce qu'elle conduit les développeurs à rendre le programme privateur s'ils trouvent que de le rendre libre n'est pas assez profitable.

Une entreprise productive et éthique peut gagner de l'argent, mais si elle conditionne tout le reste au profit, il est peu probable qu'elle reste éthique.

« Lecteur MP3 »

A la fin des années 90, il est devenu possible de fabriquer des lecteurs audio numériques, portables et compacts. La plupart gèrent le codec breveté MP3, mais pas tous. Certains gèrent les codecs audio libres de brevet Ogg Vorbis et FLAC, et ne peuvent parfois même pas lire les fichiers codés en MP3, précisément pour éviter les brevets. Appeler de tels lecteurs « lecteurs MP3 » non seulement prête à confusion, mais aussi privilégie ce dernier format, que nous devrions rejeter. Nous suggérons les termes « lecteur audio numérique », ou simplement « lecteur audio » si le contexte le permet.

« Ouvert » ou « open »

Veuillez éviter d'utiliser les termes open (ouvert) ou open source comme synonyme de « logiciel libre ». Ils se réfèrent à une position différente, basée sur des valeurs différentes. Le logiciel libre est un mouvement politique ; l'open source, un modèle de développement. Si vous parlez de la position de l'open source, il est juste que vous utilisiez leur nom, mais veuillez ne pas nous en affubler, nous ou notre travail (cela conduit les gens à penser que nous partageons leurs vues).

« PC »

Vous pouvez utiliser l'abréviation « PC » pour vous référer à un certain type d'ordinateur, mais veuillez ne pas l'utiliser avec l'implication que l'ordinateur fonctionne sous Microsoft Windows. Si vous installez GNU/Linux sur le même ordinateur, cela reste un PC.

Le terme « WC » a été suggéré pour un ordinateur exécutant Windows.

« Photoshop »

Veuillez éviter d'utiliser le verbe « photoshoper », dérivé de « Photoshop », en voulant parler de manipulation d'image ou d'édition d'image en général. Photoshop n'est que le nom d'un éditeur d'image particulier, qui doit être évité parce qu'il est privateur. Il existe beaucoup de programmes libres pour l'édition d'images, comme GIMP.

« Piratage » et « piraterie »

Les éditeurs assimilent souvent la copie qu'ils n'approuvent pas à du « piratage » ou de la « piraterie ». De cette façon, ils laissent entendre que la copie illégale est l'équivalent moral de l'attaque de bateaux en haute mer, du rapt et du meurtre de leurs passagers. Sur la base d'une telle propagande, ils ont mis en place sur une grande partie de la planète des lois interdisant la copie dans la plupart des circonstances (ou quelquefois dans toutes). Ils continuent à faire pression pour rendre cette prohibition encore plus complète.

Si vous ne croyez pas que la copie non approuvée par l'éditeur est aussi grave que l'enlèvement ou le meurtre, vous préférerez sans doute ne pas utiliser les mots « piratage » ni « piraterie » pour la décrire. Des termes neutres comme « copie non autorisée » (ou « copie prohibée » au cas où c'est illégal) peuvent le remplacer. Quelques-uns d'entre nous préfèrent même utiliser un terme positif comme « partage d'information avec son voisin ».

Un juge américain qui présidait un procès pour infraction au copyright a reconnu que « piratage » and « vol » étaient diffamatoires.

« PowerPoint »

Veuillez éviter d'utiliser le terme « PowerPoint » pour parler d'une quelconque présentation par diapositives. « PowerPoint » est juste le nom d'un programme privateur particulier servant à faire des présentations. Dans l'intérêt de votre liberté, vous ne devez utiliser que du logiciel libre pour les vôtres. Parmi les choix recommandés, il y a la classe beamer de TeX, et « Impress » de LibreOffice.

« Protection »

Les avocats des éditeurs adorent utiliser le terme « protection » pour décrire le copyright. Ce mot implique la prévention de la destruction ou de la souffrance. Par conséquent, il pousse les gens à s'identifier au propriétaire et à l'éditeur qui bénéficient du copyright, plutôt qu'aux utilisateurs qui subissent ses restrictions.

Il est facile d'éviter le mot « protection » et d'utiliser des termes neutres à la place. Par exemple, au lieu de « la protection du copyright dure très longtemps », vous pouvez dire « le copyright dure très longtemps ».

De même, au lieu de dire « protégé par le copyright », vous pouvez dire « couvert par le copyright » ou simplement « sous copyright ».

Si vous voulez critiquer le copyright au lieu de rester neutre, vous pouvez utiliser le terme « restrictions du copyright ». Ainsi vous pouvez dire : « les restrictions du copyright durent très longtemps ».

Le terme « protection » est aussi utilisé pour décrire des fonctionnalités malveillantes, comme dans « protection contre la copie », une fonctionnalité qui interfère avec la copie. Du point de vue de l'utilisateur, c'est de l'obstruction. Nous appelons donc cela « obstruction à la copie ». Souvent elle est appelée « gestion numérique des restrictions », ou DRM. Voir la campagne Defective by Design [en].

« RAND (raisonnable et non discriminatoire) »

Les organismes de normalisation qui promulguent des normes restreintes par des brevets, interdisant le logiciel libre, ont typiquement pour politique de se procurer des licences de brevets qui exigent une redevance fixe par copie de chaque programme conforme à la norme. Ils se réfèrent souvent à de telles licences par le sigle « RAND », qui signifie « raisonnable et non discriminatoire » [reasonable and non-discriminatory].

Ce sigle tente de légitimer une classe de licences de brevets qui ne sont généralement ni « raisonnables », ni « non discriminatoires ». Il est vrai que ces licences ne sont pas discriminatoires à l'encontre de personnes spécifiques, mais elles le sont à l'encontre de la communauté du logiciel libre et cela les rend déraisonnables. Ainsi, une moitié de « RAND » est trompeuse, l'autre moitié est partiale.

Les organismes de normalisation doivent reconnaître que ces licences sont discriminatoires et laisser tomber l'utilisation du terme « raisonnable et non discriminatoire » ou « RAND » pour les décrire. Jusqu'à ce qu'ils le fassent, les auteurs qui ne veulent pas de cette langue de bois feraient bien de rejeter ce terme. L'accepter et l'utiliser, simplement parce que les sociétés qui exercent leur pouvoir par les brevets l'ont répandu, laisse à ces sociétés le soin de leur dicter les vues qu'ils expriment.

Nous suggérons à la place le terme « droits uniformes seulement » [uniform fee only], ou « UFO » en abrégé. Il est approprié car la seule clause de ces licences est une redevance uniforme.

« SaaS » ou Software as a Service

Nous avions l'habitude de dire que le SaaS est une injustice, et puis nous avons constaté une grande variabilité dans les activités que les gens mettaient dans cette catégorie. Nous sommes alors passés à une nouvelle expression, « service comme substitut de logiciel », ou « SaaSS ». Cette expression a deux avantages : d'une part elle n'a jamais été utilisée auparavant, et donc notre définition est la seule qui existe, d'autre part elle explique en quoi consiste l'injustice.

Consulter l'article Qui ce serveur sert-il réellement ? pour une discussion du problème.

En espagnol, nous continuons à utiliser l'expression software como servicio parce que le jeu de mots software como ser vicio est trop bon pour qu'on l'abandonne.

« Vendre des logiciels »

L'expression « vendre des logiciels » est ambiguë. À strictement parler, échanger une copie d'un programme libre pour une somme d'argent est vendre le programme, et il n'y a aucun mal à ça. Cependant, les gens ont l'habitude d'associer l'expression « vendre un logiciel » aux restrictions privatrices sur l'utilisation subséquente du logiciel. Vous pouvez être clair et éviter la confusion en parlant, soit de « distribution de copies d'un programme contre rémunération », soit d'« imposition de restrictions privatrices sur l'utilisation d'un programme ».

Consulter l'article vendre des logiciels libres pour une discussion plus détaillée sur le sujet.

« Économie de partage »

L'expression « économie de partage » est mal choisie lorsqu'on se réfère à des services comme Uber et Airbnb qui arrangent des transactions commerciales entre particuliers. Nous utilisons le terme « partage » pour désigner une coopération non commerciale, notamment la redistribution non commerciale de copies exactes d'œuvres publiées. Étendre l'emploi de ce mot aux transactions citées plus haut en dénature le sens, donc nous ne l'utilisons pas dans ce contexte.

Pour définir des entreprises bomme Uber, il y a une expression plus appropriée : « économie de service à la pièce ».

« Skype »

Veuillez ne pas utiliser le mot « Skype » comme verbe (skyper) dans le sens de passer des appels téléphoniques et vidéo quelconques via Internet. Skype n'est que le nom d'un programme privateur particulier, qui espionne ses utilisateurs. Si vous voulez passer des appels téléphoniques ou vidéo via Internet d'une façon qui respecte votre liberté et votre vie privée, essayez l'un des nombreux programmes libres remplaçant Skype.

« Industrie du logiciel »

L'expression « industrie du logiciel » incite les gens à penser que le logiciel est toujours développé par une sorte d'usine et qu'il est ensuite livré aux « consommateurs ». La communauté du logiciel libre montre que ce n'est pas le cas. Les entreprises de logiciel existent, et diverses entreprises développent des logiciels libres ou non libres, mais celles qui développent des logiciels libres ne sont pas gérées comme des usines.

Le terme « industrie » a été utilisé comme propagande par les défenseurs des brevets logiciels. Ils appellent le développement logiciel « industrie » et puis essaient d'argumenter que cela signifie qu'il doit être soumis aux monopoles des brevets. Le Parlement européen, en rejetant les brevets logiciels en 2003, a approuvé par son vote la définition de l'« industrie » comme « production automatisée de biens matériels ».

« Modèle de code source »

Wikipedia utilise l'expression « modèle de code source » de manière confuse et ambiguë. Ostensiblement, il s'agit de la manière dont le code source d'un programme est distribué, mais le texte confond ceci avec la méthodologie de développement. Il distingue open source (code source ouvert) et shared source (code source partagé), mais ces approches se recouvrent ; Microsoft utilise la deuxième expression comme terme de marketing pour couvrir un large éventail de pratiques, dont certaines sont « open source ». Cette expression ne véhicule donc pas vraiment d'information cohérente, mais en revanche elle donne l'occasion de parler d'« open source » dans des pages qui décrivent des programmes libres.

« Vol »

Les partisans d'une forme de copyright trop stricte, répressive, utilisent souvent des mots comme « dérobé » et « vol » pour désigner les infractions au copyright. C'est du baratin, mais ils nous demandent de le prendre pour argent comptant.

Le droit américain ne considère pas les infractions au copyright comme du « vol ». Les lois sur le vol ne s'appliquent pas aux infractions au copyright. Les partisans d'un copyright répressif font appel à l'autorité – tout en dénaturant ce que dit cette dernière.

Pour réfuter leurs arguments, vous pouvez vous référer à cet exemple concret qui montre ce qu'on peut décrire à bon escient comme un « vol de copyright ».

La copie non autorisée est interdite par le copyright dans de nombreuses situations (pas dans toutes !), mais que ce soit interdit ne veut pas dire que c'est mal. En général, les lois ne définissent pas le bien et le mal. Les lois, au mieux, essaient d'implémenter la justice. Si les lois (l'implémentation) ne se conforment pas à nos idées du bien et du mal (les specs), ce sont les lois qui doivent changer.

Un juge américain qui présidait un procès pour infraction au copyright a reconnu que « piratage » and « vol » étaient diffamatoires.

« Informatique de confiance »

L'« informatique de confiance » est le nom donné par ses promoteurs à un schéma de conception des ordinateurs qui permet aux développeurs d'applications de faire confiance à votre ordinateur pour leur obéir plutôt qu'à vous. De leur point de vue, il s'agit « d'informatique de confiance ». De votre point de vue, elle est « déloyale ».

« Vendeur »

Veuillez ne pas utiliser le terme « vendeur » pour vous référer de manière générale à quiconque développe ou distribue un logiciel. De nombreux programmes sont développés afin de vendre des copies, et leurs développeurs sont par conséquent des vendeurs ; cela inclut même certains paquets de logiciels libres. Cependant, beaucoup de programmes sont développés bénévolement par des particuliers, ou par des organisations qui n'ont pas l'intention de vendre des copies. Leurs développeurs ne sont pas des vendeurs. De même, seuls certains développeurs de distributions GNU/Linux sont des vendeurs. Nous recommandons le terme plus général de « fournisseur ».


Cet essai est publié dans Free Software, Free Society: The Selected Essays of Richard M. Stallman [en].


Notes de traduction
  1. Autre traduction de proprietary : propriétaire. 
  2. « Informatique dans les nuages » ne veut absolument rien dire. « Informatique en nuage » pourrait évoquer le calcul distribué, mais désigne généralement tout autre chose. 
  3. Le copyright américain est l'équivalent du droit d'auteur français, mais il y a des différences significatives du point de vue juridique, c'est pourquoi nous ne traduisons pas ce terme. 
  4. Le mot anglais free a deux significations : « libre » et « gratuit ». 

[logo de la FSF]« Notre mission est de préserver, protéger et promouvoir la liberté d'utiliser, étudier, copier, modifier et redistribuer les programmes informatiques, et de défendre les droits des utilisateurs de logiciel libre. »

La Fondation pour le logiciel libre (FSF) est le principal sponsor institutionnel du système d'exploitation GNU. Soutenez GNU et la FSF en achetant des manuels et autres, en adhérant à la FSF en tant que membre associé, ou en faisant un don, soit directement à la FSF, soit via Flattr.

Haut de la page